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Études & chiffres

Chiffre de la semaine : les régions pèsent plus d’un tiers du parc de bureaux flexibles

Plus d’un tiers du parc français de bureaux flexibles se trouve désormais dans les métropoles régionales, contre moins d’un quart en 2019 : le chiffre de la semaine, lu dans le baromètre Immprove de l’automne 2026.

Rue d’une ville européenne bordée d’immeubles anciens sous un ciel bleu
Photo : Sergei Gussev / Unsplash

Le chiffre de la semaine est une fraction : plus d’un tiers. C’est la part du parc français de bureaux flexibles que concentrent désormais les métropoles régionales, contre moins d’un quart en 2019, selon le baromètre d’automne 2026 du cabinet Immprove, dont les données sont arrêtées au 24 septembre 2026. En quelques années, le centre de gravité du coworking et des bureaux opérés s’est déplacé hors d’Île-de-France.

Part des métropoles régionales dans le parc de bureaux flexibles, 2019 et automne 2026Part des métropoles régionales dans le parcLe centre de gravité bascule vers les régions2019moins d’un quartAutomne 2026plus d’un tiersMétropoles régionalesÎle-de-France et reste du parc
Le centre de gravité se déplace — Source : Immprove, part des métropoles régionales dans le parc de bureaux flexibles, 2019 et automne 2026.

Un parc qui bascule vers les métropoles régionales

Le baromètre Immprove recense 1 051 adresses et 1,55 million de mètres carrés exploités par 48 opérateurs nationaux et 60 marques, en Île-de-France et dans onze grandes métropoles régionales. Son périmètre ne couvre qu’une partie du marché : il laisse de côté une large part des indépendants et des petits réseaux locaux. Ses totaux se lisent donc comme un socle, non comme un recensement exhaustif.

Sur ce socle, la tendance est nette. Les ouvertures ralentissent : une quarantaine d’adresses nouvelles en six mois seulement, dont deux dépassent 5 000 mètres carrés, Deskeo à Nanterre (8 600 m²) et Urban Station à Bercy (5 300 m²). Dans le même temps, la demande placée de bureaux franciliens recule de 5 % sur un an au premier semestre 2026, à 750 000 mètres carrés, avec des chutes marquées à Lyon (- 39 %) et à Lille (près de – 55 %). À titre de comparaison, le marché avait absorbé environ 84 000 mètres carrés de surfaces nouvelles en 2025, sur un rythme de croissance annuelle proche de 6 %. Le marché ne croît plus par le haut ; il se recompose.

Cette recomposition confirme ce qui s’observe déjà sur le terrain des villes moyennes, où la demande de proximité s’installe, portée par le télétravail et par des actifs qui veulent travailler près de chez eux sans rester à domicile.

Ce déplacement a un moteur immobilier autant que social. La vacance des bureaux classiques progresse dans plusieurs agglomérations, et une partie de ces surfaces se reconvertit en espaces opérés, plus souples et mieux adaptés à des durées d’occupation courtes. Les collectivités, de leur côté, voient dans ces lieux un outil d’attractivité et d’emploi local, et accompagnent parfois leur implantation. La demande régionale n’est donc pas un simple report de la demande parisienne : elle répond à des besoins propres, de proximité et de flexibilité, que les grands réseaux comme les indépendants cherchent désormais à capter.

Une concentration plus forte en région qu’à Paris

La bascule géographique ne signifie pas l’émiettement. Elle s’accompagne d’une concentration que le rachat de Wojo par IWG a accélérée : le groupe exploite désormais près de 170 sites et plus de 380 000 mètres carrés en France, soit environ 25 % du parc étudié. Morning reste le seul autre opérateur national à dépasser 100 000 mètres carrés. Le détail de cette opération est présenté dans l’article consacré à la concentration du marché français, et la cartographie des opérateurs situe les réseaux qui comptent.

Fait notable : la domination d’IWG est plus marquée en région qu’à Paris. Le groupe détient 77 % des surfaces étudiées à Grenoble, 39 % en Île-de-France hors Paris, 38 % à Lyon et 32 % à Lille, contre 17 % seulement dans Paris intra-muros. Dans la capitale, le marché reste d’ailleurs plus disputé : IWG y précède Morning (14 %), WeWork (13 %) et Deskeo (9 %). Autrement dit, là où le marché se déplace, vers les métropoles régionales, l’exposition à un acteur unique est souvent la plus élevée.

Dans chaque métropole, quelques opérateurs font le marché

La concentration ne se lit pas seulement à l’échelle nationale. Dans plusieurs métropoles régionales, une poignée d’enseignes capte l’essentiel des surfaces mesurées par Immprove. À Grenoble, IWG pèse à lui seul 77 % du parc étudié ; à Toulouse, l’opérateur InSitu en détient 74 % ; à Rennes, le trio IWG, Flex-O et Whoorks réunit 65 % des surfaces ; à Nantes, IWG, Whoorks et Now Coworking totalisent environ 55 % ; à Montpellier, Bureaux &amp ; Co en concentre 47 %.

Part du parc de bureaux flexibles étudié détenue par les principaux opérateurs, automne 2026 (source : Immprove)
MétropoleOpérateur(s) en têtePart du parc étudié
GrenobleIWG77 %
ToulouseInSitu74 %
RennesIWG, Flex-O, Whoorks65 %
NantesIWG, Whoorks, Now Coworking55 %
MontpellierBureaux &amp ; Co47 %

Deux lectures cohabitent : des marchés tenus par un réseau national, comme Grenoble, et d’autres dominés par un acteur régional, comme Toulouse ou Montpellier. Pour un nouvel entrant, la part laissée libre, autant que la nature du leader en place, détermine la stratégie d’implantation et la marge de manœuvre sur les prix.

Enjeux pour un exploitant installé en région

Pour un gestionnaire indépendant en région, ce double mouvement, bascule du marché vers la province et concentration autour d’IWG, a des conséquences concrètes :

  • la demande se rapproche, mais la concurrence d’un réseau national aussi : un groupe peut désormais aligner une marque connue et une grille tarifaire agressive sur un bassin d’emploi où il était absent ;
  • la différenciation se joue moins sur le prix que sur l’ancrage local, les services et la communauté, trois leviers qu’un siège lointain pilote mal à distance ;
  • les entreprises clientes, elles, y gagnent une couverture multi-sites : un même contrat peut couvrir Paris et une métropole régionale, ce qui pèse sur les espaces isolés.

La question tarifaire devient alors centrale. Reste à fixer le juste prix face à ces réseaux, un exercice détaillé dans l’analyse des prix du coworking hors Paris.

Des périmètres différents, des totaux qui divergent

Un chiffre de la semaine impose une précaution de lecture : les baromètres ne mesurent pas tous la même chose. Immprove compte 1 051 adresses quand certains supports évoquaient encore 950 lieux ; l’écart tient à l’actualisation du périmètre. Surtout, les totaux de surface varient d’une source à l’autre : Ubiq évalue le parc à environ 1,6 million de mètres carrés (données de janvier 2026), Cushman &amp ; Wakefield à plus de 1,4 million de mètres carrés (2024, dont 62 % en Île-de-France). Ces écarts ne traduisent pas une erreur, mais des périmètres distincts : nombre d’acteurs retenus, catégories incluses, villes couvertes. La tendance, elle, converge. Pour un ordre de grandeur du nombre d’espaces, le décompte des espaces de coworking en France remet ces totaux en perspective.

Sources

  • Immprove, baromètre du marché du coworking et des bureaux opérés, édition automne 2026 (données arrêtées au 24 septembre 2026), repris par Working Life.
  • Coworking Europe, « Fewer openings and more consolidation in the flex and managed office market in France this year », 24 septembre 2026 (coworkingeurope.net).
  • Ubiq, UbiqData, données de janvier 2026 (ubiq.fr) ; Cushman &amp ; Wakefield, 2024.