Coworking : les ouvertures et fermetures d’octobre, de Montpellier à Strasbourg
Montpellier, Strasbourg, Villeneuve-d’Ascq, Bordeaux, Paris : le relevé des ouvertures et fermetures d’espaces de coworking en octobre 2026, dans un marché qui se concentre.

Octobre a confirmé la bascule que décrivent les baromètres : le marché français du coworking ouvre moins, mais continue de bouger. Entre une inauguration à Montpellier, des arrivées à Strasbourg et dans la métropole lilloise, et quelques fermetures assumées, le mois dessine un secteur qui se concentre plutôt qu’il ne s’étend. Voici le relevé des principaux mouvements, région par région, et ce qu’ils disent à un exploitant.
Les ouvertures hors Île-de-France
Le mouvement le plus visible est méridional. À Montpellier, IWG a inauguré le 2 novembre Spaces Cambacérès, dans la Halle Nova, à deux pas de la gare TGV Montpellier Sud de France : 3 700 m² et 103 bureaux privatifs, un deuxième site de la marque dans la ville. L’opération a été détaillée lors de son annonce, et elle illustre la stratégie du groupe : viser les pôles d’échanges plutôt que les hyper-centres saturés.
À Strasbourg, l’enseigne Office Station a ouvert le 1er octobre un espace à deux minutes à pied de la gare, après Metz, Nancy, Reims et Schiltigheim : une logique de réseau régional qui maille le Grand Est gare après gare. Dans la métropole lilloise, IWG a lancé deux adresses à Villeneuve-d’Ascq : un OpenOffice en libre-service automatisé (environ 500 m², près de 67 postes) et un Regus au parc scientifique de la Haute Borne. À Bordeaux, l’opérateur BOPE a repris l’ancien W’in de Mériadeck, 1 200 m² remis en exploitation. Enfin, dans l’Hérault, un coworking municipal a vu le jour à Celles, au bord du lac du Salagou, signe que les petites communes continuent d’investir le champ.
Paris et l’Île-de-France : densification plutôt qu’expansion
En Île-de-France, les ouvertures relèvent surtout de la densification de parcs existants. IWG a inauguré Regus Porte d’Italie (1 102 m², 28 bureaux) dans le 13e et HQ Paris Les Lilas (1 117 m², 169 postes) dans le 20e. Morning a ouvert un site à la Bibliothèque François-Mitterrand (1 750 m²) et agrandi son adresse Sofia dans le 18e, portée à 11 000 m². Deskeo a de son côté ouvert à Bagneux, avenue Aristide-Briand, treize espaces privatifs de 6 à 36 postes. Des volumes modestes, à l’image d’un marché qui préfère remplir que multiplier.
| Ville | Opérateur / espace | Surface | Repère |
|---|---|---|---|
| Montpellier | Spaces Cambacérès (IWG) | 3 700 m² | 103 bureaux, inauguré le 2 novembre |
| Strasbourg | Office Station | n.c. | près de la gare, ouvert le 1er octobre |
| Villeneuve-d’Ascq | OpenOffice + Regus (IWG) | ≈ 500 m² | libre-service automatisé |
| Bordeaux | BOPE (ex-W’in Mériadeck) | 1 200 m² | reprise d’un site existant |
| Paris 13e | Regus Porte d’Italie (IWG) | 1 102 m² | 28 bureaux privatifs |
| Paris 20e | HQ Paris Les Lilas (IWG) | 1 117 m² | 169 postes |
| Paris 13e | Morning BnF | 1 750 m² | densification du parc |
Les fermetures et les reprises
Le mois compte aussi ses sorties. À Strasbourg, l’espace Les Compotes (quartier Neudorf) fermera le 23 décembre, tout en conservant son site de Mulhouse. À Poitiers, le tiers-lieu Cobalt a cessé son activité sous sa forme actuelle ; l’opérateur B’CoWorker prévoit d’y ouvrir début 2027 un troisième centre, dans les anciens locaux. Ces mouvements ne sont pas des faillites spectaculaires, mais des arbitrages : on referme un site fragile et on en reprend un autre mieux placé. C’est exactement ce que décrivait notre analyse sur la reprise d’un espace plutôt que la création.
Un marché mature qui se concentre
Ces mouvements s’inscrivent dans une tendance de fond. Le baromètre Immprove d’automne 2026 recense 1 051 adresses et 1,55 million de m² exploités par 48 acteurs nationaux, sur l’Île-de-France et onze grandes métropoles régionales. Il ne compte qu’une quarantaine d’ouvertures sur six mois, la plupart de taille modeste : « ouvrir pour ouvrir n’est plus vraiment le sujet ». Dans le même temps, IWG, après le rachat de Wojo, exploite près de 170 sites et plus de 380 000 m², soit environ un quart du parc étudié, et le groupe Icade a pris une participation majoritaire dans Comet au cours de l’été. La consolidation, nous l’avons documentée côté croissance externe des réseaux, et côté périmètre réel du parc, que les baromètres sous-estiment largement.
L’effet pour un exploitant. Pour un gestionnaire indépendant, ce ralentissement des ouvertures est plutôt une bonne nouvelle à court terme : moins de nouveaux entrants, c’est moins de pression sur les prix dans sa zone de chalandise. Mais la contrepartie est la montée en puissance des grands réseaux, qui captent les grands comptes et les meilleures adresses de gare. L’indépendant qui veut tenir a intérêt à verrouiller ce que les groupes font mal : l’ancrage local, la communauté, un service de proximité. Et à surveiller les reprises : un site qui ferme près de chez lui, c’est une clientèle à récupérer, pas seulement un concurrent de moins.
À venir : les projets déjà annoncés
Plusieurs ouvertures sont déjà calées pour 2027. À Rennes, Now Coworking installera son premier site breton dans l’Hôtel-Dieu (environ 2 800 m²), dont la livraison est attendue au dernier trimestre 2026. À Bordeaux, BOPE prépare un deuxième site de 4 000 m² dans l’ancienne église des Carmes pour le début 2027. À Paris, Morning ouvrira son adresse Réaumur (1 930 m², neuf étages) en janvier 2027, et B’CoWorker son troisième centre poitevin. Le calendrier confirme le diagnostic du mois : le marché ne se fige pas, il se discipline.
Sources
- Baromètre Immprove des bureaux opérés et du coworking, automne 2026 — immprove.fr
- Veille sectorielle Working Life, octobre 2026 — workinglife.fr
- Le Journal des Entreprises, projet Now Coworking à Rennes — lejournaldesentreprises.com


