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Équipement

Cabines acoustiques en coworking : bien les choisir et les installer

Toutes les cabines ne se valent pas. Classes ISO 23351-1, ventilation, dimensionnement, installation sans travaux et prix : le guide pour équiper un espace de coworking.

Cabine acoustique fermée installée dans un open space de coworking
Photo : Essentielle / Unsplash

Le bruit est le premier reproche fait aux espaces partagés : conversations qui portent, appels en visioconférence, sonneries. La cabine acoustique, ou phone box, s’est imposée comme la réponse la plus simple à déployer, parce qu’elle s’installe sans travaux. Encore faut-il choisir la bonne. Toutes n’offrent pas la même isolation, et une cabine mal ventilée ou mal placée devient vite inutilisable. Voici ce qu’un exploitant doit vérifier avant d’équiper son espace.

Ce que mesure la norme ISO 23351-1

Depuis 2020, une norme internationale permet de comparer les cabines sur une base objective : l’ISO 23351-1. Elle mesure en laboratoire la réduction du niveau de parole, notée DS,A et exprimée en décibels (dB) : l’écart entre le niveau de parole perçu avec et sans la cabine. Plus le chiffre est élevé, moins la conversation s’entend à l’extérieur. Les produits sont ensuite rangés dans des classes, de E à A+. Cette référence commune évite de comparer des promesses commerciales incomparables : deux cabines annoncées « insonorisées » peuvent isoler du simple au double.

Classes acoustiques ISO 23351-1 selon la reduction du niveau de paroleReduction du niveau de parole (DS,A), en dB — norme ISO 23351-10102030EDCBAA+Seuil de confidentialite : 25 dB
Les classes acoustiques ISO 23351-1 — Source : ISO 23351-1:2020, reduction du niveau de parole DS,A
Classes ISO 23351-1 et usages conseillés
ClasseRéduction (DS,A)Usage adapté
A+plus de 33 dBThéorique : aucun produit du marché ne l’atteint à ce jour
A30 à 33 dBÉchanges confidentiels, bureaux très calmes
B25 à 30 dBAppels et visios en open space animé : seuil de confidentialité
C20 à 25 dBAppels courants ; confort dépendant du bruit de fond
D15 à 20 dBIsolement visuel et atténuation légère
Emoins de 15 dBSéparation symbolique, peu d’effet réel

Le repère à retenir : il faut au moins 25 dB de réduction (classe B) pour qu’une conversation reste confidentielle dans un bureau normalement animé. En dessous, la discrétion dépend surtout du bruit de fond ambiant. Une cabine n’est pas une pièce insonorisée : la porte et ses joints restent le point faible, et une classe annoncée ne vaut que si le modèle a réellement été testé selon la norme. Exiger le rapport d’essai, et non une simple mention commerciale, est le premier réflexe d’achat.

Combien de cabines, et de quel format

La demande a changé avec la généralisation de la visioconférence : un coworker sur deux passe désormais des appels vidéo, qui réclament de l’intimité sonore. Deux formats répondent à des besoins distincts.

  • La cabine solo (environ 1 m²), pour un appel ou une visio individuelle. C’est le format le plus demandé.
  • Le pod de 2 à 4 personnes, pour une réunion courte ou un entretien, en complément des salles réservables.

À titre indicatif, prévoir une cabine solo pour 10 à 15 postes offre un confort correct en coworking flexible ; les espaces à forte intensité d’appels descendent à une cabine pour 8 à 10 postes. Ce dimensionnement se raisonne avec le reste de l’équipement : notre guide sur le réseau, les cabines et la visio aide à calibrer l’ensemble, la visio étant le premier poste de consommation de débit.

Ventilation, lumière, électricité : les détails qui font l’usage

Une cabine fermée sans renouvellement d’air devient irrespirable en quelques minutes : la ventilation active n’est pas une option, c’est le critère d’usage numéro un après l’acoustique. Les bons modèles intègrent un ou deux ventilateurs silencieux et un détecteur de présence qui coupe ventilation et éclairage une fois la cabine vide, pour limiter la consommation. Vérifier aussi la présence de prises électriques et USB à l’intérieur, d’un éclairage suffisant et réglable, et d’une tablette à bonne hauteur pour un ordinateur portable. Une cabine inconfortable au bout de dix minutes ne sert à personne.

Côté exploitation, prévoir l’entretien : les surfaces intérieures (tablette, parois en feutre, vitrage) se salissent vite en usage partagé, et une cabine propre et aérée se réserve plus volontiers. Un nettoyage régulier et une aération entre deux usages prolongent la durée de vie du mobilier et soutiennent la satisfaction des membres.

La cabine ne remplace pas le traitement de la pièce

Une erreur courante consiste à tout miser sur les cabines en laissant le reste de l’open space nu. Or la cabine traite l’appel, pas le brouhaha ambiant. Si les surfaces sont dures — sol carrelé, murs lisses, plafond béton, grandes baies vitrées — le niveau sonore général reste élevé et les conversations continuent de porter. Le traitement acoustique de la pièce, par des panneaux absorbants, un plafond acoustique, des cloisons basses, un zonage séparant usages bruyants et zones calmes, ou simplement une moquette, agit en complément indispensable. La cabine résout le cas de l’appel isolé ; l’absorption traite le confort collectif. Les deux se pensent ensemble, comme le détaille notre guide sur l’acoustique, la lumière et le zonage.

Installer sans travaux, et préparer la revente

L’atout de la cabine, c’est qu’il s’agit d’un meuble démontable et mobile, non d’une construction : ni permis ni déclaration de travaux ne sont requis dès lors qu’elle reste autoportée et réversible. Quelques points matériels à anticiper : le poids (plusieurs centaines de kilos, le plancher doit le supporter), une prise de courant à proximité, et un emplacement à l’écart des circulations et des sources de bruit. En établissement recevant du public, vérifier auprès du fabricant le classement de réaction au feu des matériaux, qui conditionne leur admission dans un ERP.

Parce qu’elle se démonte, la cabine se revend ou se reloue : un argument pour un investissement réversible, dans la logique du mobilier reconditionné et de réemploi. Son usage peut aussi être réservé à certains abonnements, ou facturé à la réservation, selon la politique commerciale de l’espace.

Acheter ou louer, et à quel prix

À titre indicatif, les prix catalogue constatés s’échelonnent d’environ 4 000 à 8 000 € HT pour une cabine solo de classe B ou A, et de 10 000 à 20 000 € HT pour un pod de 2 à 4 personnes, selon la finition et la performance acoustique. La location longue durée ou le leasing permettent de lisser la dépense et de rester flexible, au prix d’un coût total plus élevé sur la durée. À l’achat, une cabine s’amortit comptablement comme du mobilier, sur plusieurs années, et conserve une valeur de revente sur le marché de l’occasion. Le calcul se raisonne au regard du taux d’occupation et du point mort de l’espace, détaillés dans notre dossier sur l’économie d’un coworking.

Le bon réflexe : exiger la classe ISO 23351-1 testée du modèle, vérifier la ventilation en conditions réelles, et calibrer le nombre de cabines sur l’usage observé plutôt que sur la surface. Une acoustique maîtrisée reste l’un des leviers les plus directs de satisfaction, donc de confort perçu : c’est souvent ce que retiennent les membres au moment de renouveler leur abonnement.

Sources

  • ISO 23351-1:2020 — mesure de la réduction du niveau de parole des ensembles de mobilier et des cabines (Organisation internationale de normalisation).